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Privilèges cléricaux, ou spiritualité véritablement libératrice ?

Perspectives sociologiques et interconfessionnelles des traditions monothéistes alternatives.

Y a-t-il une responsabilité des croyant-es dits « alternatifs »[1] dans l’apparition de groupes terroristes tels que DAESCH au Moyen-Orient, ou de mouvements réactionnaires comme la « Manif pour tous en Europe » [2] ? Les croyant-es alternatifs-ves de par le monde, de traditions monothéistes en particulier, organisent de plus en plus concrètement leurs communautés autour de valeurs universellement humanistes, inclusives. Pour autant, ces communautés, et les individus qui se disent être leur représentant-es, parviendront-ils/elles à dépasser le dogmatisme religieux et le cléricalisme politique ? Ou alors, ne seront-ils/elles capables que de reproduire, pour le moment et de manière moins « fascisante »[3], des élites auto-proclamées à l’image de celles qu’ils/elles prétendent vouloir déconstruire ? Par quels médiums ces communautés, qui affirment de plus en plus ouvertement leur inclusivité, parviendront-elles alors à faire des traditions spirituelles monothéistes de véritables outils d’émancipation individuels et communautaire, dans la droite ligne des théologies de la Libération du siècle dernier[4], et non plus des facteurs d’oppression politique?

Pour le dire autrement, comment cette nouvelle génération de citoyen-nes engagé-es mettent-ils en œuvre la déconstruction de la « starification » de leaders religieux qui ne sont progressistes qu’en façade, mais qui en réalité ont fait de leur fonction religieuse et communautaire un moyen de subsistance personnelle et parfois familial, afin de gagner leur vie par le biais de réseaux associatifs de plus en plus complexes, voir opaques, plutôt qu’un véritable outil de libération pour le plus grand nombre de leurs frères et sœurs dans la foi.

En ce qui concerne les musulman-es, l’objectif premier de cette multitude de réseaux associatifs est-il d’accroître une visibilité citoyenne et une coordination au plus haut niveau de ces activistes pour les droits humains ? Ou bien, est-ce là simplement le moyen pour une minorité d’attirer des fonds internationaux, de la part de sponsors qui aujourd’hui affirment clairement leur volonté de soutenir sur le long terme, en particulier des féministes et des LGBT[5], depuis l’intérieur des communautés de croyan-tes ? Ces leaders religieux dits progressistes veulent-ils imposer une nouvelle forme d’imamat dogmatique, au même titre que ces imams des premiers siècles de l’islam qui remplacèrent la « sharia »[6] authentique, par un « fiqh »[7] partisan aux shiismes multiples ? Il nous semble essentiel d’affirmer notre soutien inconditionnel et anarchiste[8] à l’autodéfinition et l’autodétermination de chacun-e, sans soumission particulière à quelque « hiérarchie » despotique que ce soit.

Plus particulièrement, en ce qui concerne les communautés arabo-musulmanes et après avoir appliqué les études de genre[9] au champ de l’islam depuis les années 1990, plusieurs imam-es, qui se disent « progressistes », ont été désigné-es par leurs communautés afin d’incarner une pratique spirituelle universellement inclusive, au-delà de toutes formes de discriminations. L’un de ces réseaux internationaux, dont l’action porte essentiellement ses fruits en Europe et en Afrique, est la confédération islamique et inclusive CALEM[10].

Nous aimerions décrire ici plus précisément encore le modus operandi de l’action subversive[11] de ces musulman-es alternatifs qui est sociologiquement quantifiable. Par exemple, des musulmans progressistes, féministes, inclusifs, militants des droits humains, étaient réuni-es à Paris le week-end du 17 novembre 2012, à l’occasion des trois jours de colloque annuel organisé par la confédération CALEM. Cette dernière travaille à l’acceptation de la diversité des identités sexuelles et des orientations de genre au sein de l'islam. C’est une organisation qui se revendique comme laïque et apolitique, indépendante de tous sponsors financiers, de toute sorte d'idéologie, et elle n’est pas soumise à quelque autorité religieuse que ce soit.

L’objectif premier de cette confédération étant de soutenir les LGBT musulman-es dans leur émancipation et leur élaboration d’une théologie islamique alternative, queer, en insistant pour certains d’entre eux sur le fait que le Prophète des musulmans – exemple vivant de ce que doit être l’éthique islamique selon tous les musulman-es – aurait dit ceci : « l’islam a commencé étranger/ queer et il finira par redevenir étranger/ queer[12]. CALEM est également co-fondateur du plus grand réseau interreligieux inclusif, GIN-SOGI, qui organisa en 2014 à Johannesburg la première conférence des associations de croyant-e-s LGBT[13].

La question est de savoir si ces intellectuel-les et théologien-nes musulman-es alternatifs, afin de contribuer à la libération de ces individus doublement minoritaires et doublement discriminés, destinent leurs actions en Europe, en Amérique du Nord mais de plus en plus dans la région MENA[14] et en Afrique Sub-saharienne, à « réformer » l’islam en façade uniquement ? C’est pourtant le discours que l’on reçoit le plus souvent de la part d’intellectuel-les musulmans européens qui se disent « radicaux »[15], tels que Tarik Ramadan. Alors qu’en réalité, ces derniers ne font qu’accommoder en apparence seulement les normes les plus cléricales de l’islam au contexte européen[16].

Ce type de processus d’institutionnalisation pyramidal se produit également chez des chrétien-nes, même dans des contextes labellisés « progressistes » ou faisant référence au concept de « communautés de base »[17], du fait que les hiérarchies ecclésiastiques confondent encore trop souvent mérite et ministère, mission émancipatrice. Par exemple, lorsque l’on demande aux futurs prêtres (ou pasteurs) de donner la priorité à des considérations quantitatives (nombre de fidèles recrutés, montants des fonds récoltés, etc.), comme condition préalable de leur ordination potentielle. C’est comme si on envoyait quelqu’un sans diplôme, avant de le nommer officiellement au poste de professeur, seulement si la grande majorité de ses élèves parvenaient à décrocher leur baccalauréat.

Tout l’intérêt d’une démarche intellectuelle « prolétaire », au sens chomskyien du terme[18], c’est de faire ressortir l’injustice des discriminations croisées là où en l’intracommunautaire on y reste, pour la plupart du temps, aveugle. Cet aveuglement est dû aux privilèges cléricaux, aux intérêts politiques, voire aux intérêts personnels sans conscience de « l’intérêt supérieur » décrit par des éthiciens depuis l’Antiquité et jusqu’aux Lumières[19]. Ce genre d’aveuglement éthique de la part de la hiérarchie, nous l’attribuons aux intérêts extrêmes portés aux aspects quantitatifs de nos ministères.

Il y a un proverbe juif qui dit : « L’étude la Torah, sans travail manuel, mène à l’hérésie » [20]. Cette tradition peut selon nous être mise en correspondance avec l’un des principes de la réforme chrétienne antique, selon lequel Ecclesia semper reformanda : « L'Église est réformée, toujours en train de se réformer »[21]. Ainsi, ces imam-es, ces prêtres, ces pasteurs et ces rabbins se disant inclusifs, progressistes, reproduiront-ils/elles les élites cléricales, au sens où le sociologue Pierre Bourdieu l’entendait ? Feront-ils/elles de leur position sociale au sein de leurs communautés respectives une source de privilège, ainsi qu’éventuellement une simple rente financière ? Encourageront-ils/elles au contraire de nouvelles générations, de manière proactive et démocratique, à perpétuellement remettre en question le cléricalisme institutionnalisé, bourgeois ? Parviendront-ils/elles, comme ils/elles l’affirment le plus souvent, à déconstruire sur le long terme une représentation dogmatique qui sert d’idéologie religieuse, fascisante, à des intégristes de plus en plus visibles, décomplexé-es, dans la sphère publique ?

Nous pensons qu’il serait injuste de penser que les croyant-es progressistes et inclusifs soient tenu-es directement responsables de l’apparition de groupes religieux intégristes de par le monde. Pour autant, ces derniers réagissent selon nous directement aux politiques d’ouverture communautaires, populaires ou gouvernementales : qu’il s’agisse de mouvements civiques, depuis la base, pour l’ouverture du droit au mariage au plus grand nombre en Europe, ou de révolutions démocratiques au sein des sociétés arabo-musulmanes. Ainsi, les croyant-es progressistes ont à répondre devant l’Histoire de leurs actions futurs afin de contrecarrer le dogmatisme clérical d’où qu’il vienne, désormais de manière coordonnée et au-delà des rivalités politiques ou interpersonnelles, et afin de consolider des mouvements humanistes émergents, immanents, depuis l’intérieur des communautés de croyant-es en Europe ou ailleurs.

Afin que les jeunes générations de musulman-es ne se détournent plus de la voie spirituelle proposée par l’islam au profit d’idéologies « fascisantes », nous pensons que c’est aux nouvelles générations de croyant-es, sans plus attendre, et en accord avec ce que Jürgen Habermas qualifie de « bien-être » du plus grand nombre[22], de prendre en main leur destiné en matière de réforme actives et démocratiques des représentations sociales liées aux traditions spirituelles monothéistes.

Georges Staelens, communauté vieille-catholique (Union d’Utrecht) de St-Servais (Belgique)

Dr. & Imam Ludovic-Mohamed Zahed, directeur du Cabinet CALEM (théologie, psychologie, anthropologie)

Article disponible en ligne (en Wallon, langue Belges - p. 8) - http://warao.walon.org/~lucyin/guerni/Rantoele72.pdf


[1] Ceux et celles qui proposent une représentation de leurs religions qui soit alternative à la représentation traditionnelle, dogmatique, le plus souvent patriarcale.

[2] Foncièrement opposée à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe depuis 2012 en France.

[3] Imposer un faisceau identitaire au détriment de la diversité des genres humains.

[4] Voir par exemple Estermann, J. (2006). « Teología andina: el tejido diverso de la fe indígena ». Instituto Superior Ecuménico Andino de Teología (ISEAT), La Paz.

[5] Lesbienne, gay, bis ou bisexuel-le, transidentitaire.

[6] En arabe « voie sur laquelle on progresse », vers Dieu en l’occurrence.

[7] Un dogme politique, censé être la « compréhension » des axiomes de la tradition inspirée par Dieu.

[8] Du grec « sans hiérarchie ».

[9] Gender studies.

[10] Confédération des Associations Euro-Africaines, LGBT ou Musulmanes. Plus d’informations disponibles sur www.calem.eu. Aujourd’hui le mouvement des musulman-es dits progressistes dispose de nombreux réseaux queers, progressistes, inclusifs, arabes LGBT, même interreligieux LGBT, etc.

[11] Qui tend à renverser les privilèges depuis l’intérieur des institutions.

[12] Hadith rapporté par le savant du hadith at-Tirmîdhî. Généralement ce hadith est traduit par « l’islam a commencé étranger et il redeviendra étranger » ; cette traduction mettant en exergue la perspective queer, perpétuellement révolutionnaire de tout système de croyances en opposition à un ordre établi, va à l’encontre de la représentation que se font la majorité des musulman-es selon laquelle la vérité se trouverait avec la majorité.

[13] Global Interfaith Network on Sexual Orientation and Gender Identity. Plus d’informations sur www.gin-ssogie.com.

[14] Middle East North Africa.

[15] Ramadan, T. (2010). « La réforme radicale : éthique et libération ». Presses du Châtelet, Paris.

[16] C’est ce qu’affirme Abdennour Bidar, à propos de Tarik Ramadan, dans son livre intitulé « L'islam face à la mort de Dieu : Actualité de Mohammed Iqbal » (2010). François Bourin, Paris.

[17] Concept lié à la théologie de la libération et mettant en avant la base, indépendamment de la hiérarchie pyramidale.

[18] Le prolétaire, pour Noam Chomsky, c’est également celui qui produit de la matière intellectuelle nouvelle, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de porter l’analyse scientifique sur ceux et celles qui se situent à la périphérie de notre société. Voir le débat de 1971 entre Chomsky N. et Michel Foucault à propos de la nature humaine (www.youtube.com/watch?v=3wfNl2L0Gf8).

[19] Boltansky, L. & Thévenot, L. (1991). « De la justification, les économies de la grandeur ». Gallimard, Paris.

[20] Attribué à Moïse Maïmonide (1135-1204).

[21] Grégoire le Grand, pape de Rome décédé en 604.

[22] Philosophe allemand de la fin du vingtième siècle et adapte de l‘école de Francfort, il recentre l’éthique kantienne sur les intérêts et le bien-être des individus. « De l’éthique de la discussion » (1999). Flammarion, Paris.

[ENGLISH]

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Clerical privileges or truly liberating spirituality?

Sociological and interfaith perspectives about alternative monotheistic traditions.

Is there a responsibility of « alternative »[1] believers in the emergence of terrorist groups such as ISIS in Middle East, or movements such as “La Manif pour tous” in France[2] ? Alternative believers around the world, especially monotheistic traditions, are organizing more effectively their communities around universally humanistic, inclusive values. However, will these communities, and individuals who claim to be their representatives, be able to overrun their religious dogmatism and political clericalism? Or will they only be able to reproduce, for the moment and in a lessfascist” way[3], self-proclaimed elites, similar to these dogmatic believers they pretend to be opposed to? By what mediums such communities, who claim more and more openly their inclusiveness, shall succeed in transforming monotheistic spiritual traditions into genuine individual and community emancipatory tools, similar to Liberation theologies of the last century, and not into additional political oppressive factors?

To put it another way, how this new generation of engaged citizens will implement the deconstruction of religious leaders "stardom", beyond a progressive façade of individuals who make of their personal and community function a personal and sometimes familial religious livelihood to earn a living, thanks to NGO complex, sometime opaque, networks; rather than a true tool of liberation for the majority of those amongst their brothers and sisters in faith.

            As far as the muslims are concerned, is the primary objective of this multitude of associative networks to increase citizen visibility and coordination at the highest level of these activists for human rights? Or, is this simply the way for a minority to attract international funding from sponsors who today clearly state their desire to support the long term, especially feminists and LGBT [4] from within communities of believers? Do these so-called progressive religious leaders want to impose a new form of dogmatic imamat, just as these imams of the first centuries of Islam replaced the authentic "sharia" [5] with a partisan "fiqh" [6]? multiple shiisms? It seems essential to us to affirm our unconditional and anarchist support [7] for the self-definition and self-determination of each one, without any particular submission to any despotic "hierarchy" whatsoever.

More specifically with regard to Arab-Muslim communities, and after applying gender studies to the field of Islam since the 1990's several imams who call themselves "progressive" were designated by their communities to embody a universally inclusive spiritual practice, beyond all forms of discrimination. These communities often founded national associations and international networks to discuss together, and democratically, their common values. One of these international networks, whose action essentially pays off in Europe and Africa, is the Islamic and inclusive confederation CALEM[8].

            We would like here to describe more precisely the modus operandi of the subversive action [11] of these alternative muslims which is sociologically quantifiable. For example, progressive, feminist, inclusive, human rights activists gathered in Paris on the weekend of November 17, 2012, for the three-day annual conference organized by the CALEM confederation. The latter works to accept the diversity of sexual identities and gender orientations within Islam. It is an organization that claims to be secular and apolitical, independent of all financial sponsors, of any kind of ideology, and is not subject to any religious authority whatsoever.
        The question is whether these alternative intellectual and Muslim theologians, to contribute to the liberation of these individuals and doubly discriminated minority (as LGBT or women, and Arab-Muslims), intending their actions in Europe, North America but also in MENA (Middle East North Africa) and Sub-Saharan Africa, to "reform" Islamic dogma [9]? Yet this is the speech that we receive from "European radicals", such as Tariq Ramadan. When in reality, they make the most clerical norms of Islam to the European context.

This type of pyramidal institutionalizating process also occurs among Christians, even in situations labeled "progressive" or referring to the concept of "base/grassroot communities", amongst which ecclesiastical hierarchies still too often confuse merit and ministry, emancipatory mission. For example, when asked to future priests (pastors) to give priority to quantitative considerations (number of believers recruited, amounts of money raised, etc.) as a condition of their potential ordination. It's like sending someone without a degree, before officially appoint him/her to the post of professor, only if the majority of his/her students were able to get their degree.

The whole point of a "proletarian" intellectual approach, according to the chomskyian understanding of the term, is to highlight the injustice of any crossed discrimination including within our own communities where most of us stay blind to them. This blindness is often due to clerical privileges, political or personal interests without awareness of what should the "best interests" of all human beings, as described by ethicists from Antiquity to the Enlightenments of the nineteenth century. This kind of ethical blindness about any form of despotic hierarchy is du, we believe, to extreme interest thereon to quantitative aspects of our ministries.

There is a Jewish proverb which says: "The study of the Torah, without manual labor, leads to heresy." This tradition can in our view be mapped to one of the principles of the ancient Christian reform which stipulates that Ecclesia semper reformanda - "Church must reform itself, constantly". Thus, will these imams, priests, pastors and rabbis affirming they are inclusive, progressive, sometimes reproduce clerical elitism as defined by the sociologist Pierre Bourdieu? Will they use their social position within their respective communities as a source of privilege, and possibly as a financial pension? Will they rather encourage new generations, in a proactive and democratic manner, to perpetually question institutionalized and bourgeois clericalism? Parviendront-ils/elles, comme ils/elles l’affirment le plus souvent, à déconstruire sur le long terme un dogme religieux qui sert d’idéologie fascisante à des intégristes de plus en plus visibles dans la sphère publique?

            We think it would be unfair to think that progressive and inclusive believers are held directly responsible for the emergence of fundamentalist religious groups around the world. However, in our opinion, they react directly to community, popular or governmental policies of openness: whether they are civic movements, from the ground up, for the opening of the right to marriage to the greatest number in Europe, or democratic revolutions within Arab-Muslim societies. Thus, progressive believers have to answer in the history of their future actions in order to thwart clerical dogmatism from wherever it comes, now in a coordinated way and beyond political or interpersonal rivalries, and in order to consolidate emerging, immanent humanist movements from within communities of believers in Europe or elsewhere.

            So that the younger generations of Muslims do not turn away from the spiritual path proposed by Islam in favor of "fascist" ideologies, we believe this new generation of believers must not delay, and in accordance with what Habermas calls " welfare of all human beings, take control of their destiny by an active and democratic reform of social representations related to all monotheistic spiritual traditions.


Georges Staelens, Old-Catholic community (Union of Utrecht) St-Servais (Belgium)

Dr. & Imam Ludovic-Mohamed Zahed, Rector of the Cabinet Institute (theology, psychology, anthropology)

Article available online (in Wallon, Belgian language - p. 8) - http://warao.walon.org/~lucyin/guerni/Rantoele72.pdf


[1] Those proposing an alternative representation of their religious traditions, compared to the dogmatic, patriarcal and traditionnal one.

[2] Strongly opposed to gay couple’s marriages in France since 2012.

[3] Impose an identity fasce, against human gender diversity.

[4] Lesbians, gays, bisexuals, transgenders.

[5] In Arabic « the path on wich we progress », towards the Divine.

[6] A political dogma, supposed to embody the « understanding » of a Divinely inspired tradition

[7] From the Grec « without hierarchy ».

[8] Association of Inclusive Muslims.

[9] Questions such as interfaith marriages, moderate consumption of aclohol and even dancing in public, seems to be points of ethical shiism even between so called “progressive” or “inclusive” Muslims, supposed to be fully inclusive of all points of view about Islamic spirituality and traditions.